Courrier

La course à handicap pour le saumon sauvage !
Auteur(s): Vive l'Alagnon Créé le 08 Mars 2016

La course à handicap pour le saumon sauvage : après la qualité de l'eau, les obstacles à la migration, voici l'augmentation du nombre de prélèvement de géniteurs sauvages... ou le saumon de l'Allier suite et...fin ?



ASSOCIATION VIVE L’ALAGNON
Chez M. ALLEZARD
Le boutirou
15500 MASSIAC

Le jeudi 3 mars 2016

Monsieur le directeur de la DREAL,

A la réunion du 26 février, l'association Vive l'Alagnon a ré-exprimé le souhait d'une zone refuge vis à vis des alevinages sur la totalité du bassin versant de l'Alagnon.

Nous avons aussi appris qu'il était demandé d'augmenter le prélèvement de géniteurs sauvages à Vichy, alors que le stock entrant de saumon est très faible. Cette décision va pour nous à l’encontre de l’objectif initial qui est "la préservation et la reconquête de la viabilité pérenne des populations sauvages dans le bassin de la Loire". L'alevinage est temporaire et logiquement secondaire et n'a pas vocation à devenir définitif, ni prioritaire.

Le renouvellement de géniteurs est justifié par les recommandations des généticiens relatives à la diversité: 50 femelles et 50 males pourvus d'une nageoire adipeuse devraient être prélevés chaque année...

Mais la résolution de Williamsburg de l’OCSAN rappelle aussi et surtout que rien ne remplace une population native.
Il n'y a pas à ce jour de surdensité de géniteurs autorisant de tels prélèvements.

Il n'est pas raisonnable de donner priorité à l'élevage pour des requis génétiques dont les résultats attendus sont incertains et ne peuvent être évalués.

Et un affaiblissement supplémentaire de la reproduction naturelle aurait pour le coup comme effet de rendre incontournable l'alevinage massif dans les années à venir, à la manière d’un cercle vicieux.

Aucune étude d'impact sur la population de saumons sauvages migrants n’a été réalisée à ce jour.

Il est avéré que le nombre de mâles est bien inférieur au nombre de femelles dans la cohorte de saumons migrants : combien restera-t-il de mâles après prélèvement ? Seront-ils en nombre suffisant pour assurer la reproduction naturelle ? Ne va-t-on pas induire une réduction de géniteurs telle que l'on risque d'atteindre un seuil minimum précipitant l’extinction de l'espèce ?

Le choix des saumons prélevés à Vichy n'est pas randomisé et les prélèvements seront effectués de façon consciente ou inconsciente vers les saumons les plus vigoureux, les plus sains, les moins blessés compte tenu de l’état sanitaire moyen, voir médiocre, souvent constaté. Il faut souligner aussi que les opérations de piégeage ont lieu au tout début de la période migratoire, période propice au passage des meilleurs géniteurs, ceux qui parviendront assez tôt sur les zones de frayères (Cf. étude Logrami : « radiopistage des saumons de l’Allier de 2009 » réalisée par JM. Bach.)

Comment peut-on se servir d'une étude scientifique pour valider la nécessité d'éviter un appauvrissement génétique au niveau de l'élevage, sans s'assurer par d'autres études scientifiques du bénéfice du prélèvement de géniteurs sauvages pour atteindre notre objectif de pérenniser les populations sauvages, et d'autre part, de l'absence d'impact de tels prélèvements sur la reproduction sauvage et la survie de l'espèce ?

Nous ne pouvons pas être complices de l'affaiblissement de la reproduction naturelle du saumon, qui sera pour nous effectif si cette mesure est adoptée.

L'association Vive l’Alagnon, dont l'objet est aussi de "promouvoir une meilleure gestion des espèces vivant dans les milieux, parmi lesquels les poissons (truite fario, ombre commun, saumon... Cf. les statuts de l'association en PJ), demande le report de la décision de prélever 100 géniteurs sauvages tant que des études scientifiques n'auront pas démontré un bénéfice pour « la préservation et la reconquête de la viabilité pérenne des populations sauvages ».
Nous tenons toutefois à souligner que ce courrier n'est pas un réquisitoire contre le soutien par alevinage qui a démontré un certain intérêt, même s’il ne constitue pas la solution.

Car il est clair pour nous que le préalable à la réussite de la reproduction de la population native – et de celle de la population issue de la reproduction artificielle - est le rétablissement de la continuité des cours d'eau, premier facteur limitant la reconstitution des populations de saumon.

Il est donc temps de nous unir, surtout avec les acteurs du département de la Haute Loire, où se concentrent la plupart des obstacles à la migration, pour parvenir à l’objectif commun.

Nous vous prions, Monsieur le directeur, de bien vouloir agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Dr. Hervé Brun
Président de l’association VIVE L’ALAGNON


Association de protection de la rivière Alagnon et de ses affluents sur les trois départements Cantal, Haute-Loire, et Puy-de-Dôme.
Membre de la CLE du SAGE Alagnon
Site internet: http://alagnon.fr Courriel: vive@alagnon.fr




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