Le Journal de l'Alagnon

Ombres communs de l'alagnon 2011
Auteur(s): Hervé 03 Mai 2011

Plus de peur que de mal ?


Ca y est, je débute enfin ma saison de pêche en ce week-end d’avril, les eaux sont incroyablement basses et le temps d’une douceur inhabituelle pour la saison. J’ai décidé de pêcher un secteur en amont de MASSIAC ; je présente ma nymphe dans un courant plutôt fort et régulier où je dois bien l’admettre, je n’ai jamais pris un seul poisson. Après un premier accrochage de fond, je ferre au deuxième passage un joli poisson qui n’est pas très combatif. Je reconnais tout de suite un ombre commun. Mon œil est attiré par la présence de tâches sur les deux flancs, proches de la nageoire anale.

Je me remémore les propos de nombreux pêcheurs, faisant part du déclin de populations d’ombres communs sur l’Alagnon amont dans le secteur de MURAT. S’agirait-il d’une maladie qui serait à l’origine de la diminution du cheptel ? Telle que la furonculose ? J’examine de plus près le spécimen pêché, le prends en photos et le remets délicatement à l’eau (d’autant plus que la pêche de l’ombre est encore fermée en raison de la fraie).

Il présente des tâches pourpres sur les deux flancs ainsi que quelques zones blanchâtres. Je prends contact le jour même avec des spécialistes en envoyant des photos par mail.

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Les réponses ne se font pas attendre… J’avais évoqué des éléments en faveur d’une parure nuptiale visible parfois chez le mâle… Mais il semble que les lésions observées proviennent de l’activité de fraie :
« En période de reproduction, l’action des processus hormonaux, de la mobilisation de certains composants des structures corporelles, font que le poisson est affaibli et qu’il est plus sensible d’une part à des infections parasitaires ou bactériennes et d’autre part aux traumatismes que pourrait provoquer le frottement sur le fond pour dégager les sédiments dans le cas des femelles ou les luttes de pouvoir chez les mâles ». (M. JONARD ONEMA)

Ces propos me rassuraient d’autant plus que quelques semaines plus tard, je rencontrai à nouveau d’autres spécimens d’ombres communs en très bonne santé, sur d’autres secteurs (toujours en aval de Ferrière) et de tout âge…

Jusqu’à ce coup de ligne matinal qui me mit en présence d’un ombre relativement vigoureux : une plaie bien visible sur le haut de la tête raviva brusquement mes inquiétudes… Je pouvais enfin examiner ce poisson et observer une large plaie à cheval sur le dessus de la tête juste en arrière des opercules. L’aspect ne faisait pas de doute, il s’agissait très vraisemblablement du fameux pincement d’un oiseau piscivore, probablement occasionné par un héron (je n’ai jamais vu de cormoran en amont de MASSIAC).

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L’ombre commun semble bien présent en aval de Ferrière Sainte Mary et j’espère sincèrement que les populations en amont vont se régénérer rapidement. Il est important pour la protection de ce fabuleux poisson de limiter nos prélèvements en remettant à l’eau les poissons, en favorisant les techniques de pêche les moins agressives (hameçon sans ardillon), en limitant nos déplacements dans l’eau pendant les périodes de fraie. Le dernier élément indispensable et primordial est bien sûr de poursuivre la reconquête de la qualité de l’eau de l’Alagnon et ses affluents. On ne veut pas connaître le cauchemar des rivières du Jura ; « La Loue et le Doubs » qui ont vu disparaitre la quasi-totalité de leurs espèces piscicoles en moins de deux ans.
Hervé



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